Bon Mardi Gras à tous !

Un peu d’histoire et de culture

Mardi gras est le dernier jour du Carnaval. Le mot italien provient du latin carnis levare (« ôter la viande »). Il fait référence aux derniers repas « gras » pris avant le Carême (on parlait au XVIIIème siècle de « Dimanche gras » ou de « Lundi gras » avant Mardi gras).

Autrefois, cette saison correspondait, dans une société encore majoritairement agricole, à l’une des périodes les plus critiques. En effet, en février et en mars, les paysans puisaient dans leurs dernières réserves de nourriture stockées avant ou pendant l’hiver : la facilité à stocker œufs et beurre a favorisé – au même titre que pour la Chandeleur – la tradition consistant à préparer crêpes et gaufres pendant cette période.

Des rituels païens existaient dans la période proche de mardi gras : ils annonçaient ou célébraient la renaissance de la nature (durée du jour en progression, début du dégel, puis premiers bourgeons…). C’est cette réalité qui était traduite dans le calendrier romain, où le jour de l’an était fixé au 1er mars… D’ailleurs, il a fallu attendre le XVIème siècle pour le que jour de l’an soit fixé au 1er janvier ! Avec l’avènement de la chrétienté et la mise en place de la tradition du jeûne du Carême (au IVème siècle), la fête se transforme en période d’exubérance précédant les rigueurs de l’avant-Pâques.

Au Moyen Age, le Carême correspondait à une période des plus contraignantes pour la population, privée de danse, de fête, de nourriture copieuse, de sexe et de plaisir, relevait l’historien des religions Odon Vallet dans son ouvrage sur les traditions. Avant que cette période ne commence, la fête du Mardi gras et son carnaval permettaient notamment d’élire un « pape des fous » et d’inverser l’ordre du monde rationnel en même temps que l’ordre social (les riches pouvaient se déguiser en pauvres, les hommes en femmes…). 

La dualité de la période est illustrée par le tableau Le combat de Carnaval et de Carême de Bruegel (1559). Sur une place marchande se mesurent deux chars. Le premier est paré : un homme ventripotent enjambe un tonneau, entouré de personnages absurdes et de musiciens. Sur l’autre char, une vieille femme, tractée par des moines et des nonnes. Sur une planche en bois, on remarque des poissons, symboles du Carême (période où l’on s’abstient de viande, hors produits de la mer). Côté auberge (Carnaval), on joue au dé et on se gave de gaufres ; côté église (Carême), les personnages voilés se prosternent…

D’où viennent les déguisements de Mardi gras ?

C’est dans les communes indépendantes d’Italie que serait né le carnaval tel qu’on le connaît aujourd’hui. Notamment à Venise : dès le XIème siècle, la période précédent le Carême donne lieu à des célébrations encouragées par les autorités, qui y voient une occasion de renforcer l’esprit civique. Les masques apparaissent au XIIIème siècle : ils renforcent l’anonymat et permettent les outrances. Les rôles sociaux sont inversés, les jeux et amusements renforcent l’animation des quartiers.

La tradition italienne essaime, notamment en Europe médiane (Suisse, Allemagne de l’Ouest, Belgique, nord de la France) puis aux Amériques.

Aujourd’hui, tous les déguisements sont permis. Parmi les plus fréquents, ceux issus de la Commedia dell’arte, un genre de théâtre populaire italien apparu à l’époque moderne. Arlequin, bon vivant, porte un costume rapiécé de multiples couleurs, le vieil obsédé Pantalon se balade lui avec des bas moulants, affirmant sa virilité. Quand au grossier Polichinelle, il se distingue par son ventre proéminent et sa voix de fausset…

Ces costumes, conçus au XVIème siècle, permettaient aux personnages d’être immédiatement reconnaissables pour le public, peu importe la troupe de théâtre ou le lieu de représentation… A cette période de l’année et en mémoire de cette tradition, les magasins proposant des costumes étaient pris d’assaut.

Recettes de Mardi Gras

Chaque région de France perpétue la tradition du Mardi Gras avec ses propres recettes de beignets. Ainsi à Lyon, on perpétue la tradition de la recette de bugnes depuis le XVIème siècle, en Aquitaine, on mange des Merveilles, dans les Vosges on mange des beugnots, à Nice on se régale des ganses du célèbre carnaval, et en Provence ce sont les oreillettes… Dans les villages, les enfants se déguisent et vont chercher des œufs, du sucre et de la farine chez le voisin dans le but de préparer un gâteau ou des crêpes dans l’après-midi.

Et vous ? Qu’avez-vous préparer ?

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